Ré publ hic !
Ces pros faneurs des mémoires
Qui prennent misère en avatar
Et ceux qui violent l’innocence
En exploitant leurs espérances…
Ils sèment la haine sur l’hexagone
Les survivants sont que des mômes
Les guerres elles n’ont pas servies
Encore querelles, sévices compris…
Mais il est vrai, c’est dans le temps
Faire les pros haines, mais différent..
Ils sont plus là, profanons les
On passera à la télé !
Et l’on vit dans ce beau pays
En critiquant tout les conflits
Mais le ministre regarde chez toi
Y a du taf ! Tu vois pas ?
Le monde est fourbe, le français sourd
Ils ne regardent pas ces vautours
Des mots crasseux, des mots crotiques
Eh oui c’est ça la république !
Ce monde fane il n’a plus d’eau
Mes états d’âmes sont merdiques
Mais c’est chez nous qu’il fait pas beau
Les juifs trinquent ,à l’amer…hic…
Je suis pas fier de ces conneries
C’est Lucifer qui fait la vie
On est la terre des droits de l’home ?
Faudrait changer de métro homme !
2004-05-04 DAMIEN LABORDE Presenté par A.W
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Digytal Paint
"Mel la Miss"
Conte d'une manipulation diabolique!
Mélanie
"Mel la Miss 76" est le pseudo que Mélanie s'est donnée sur son blog. Elle a 14 ans. C'est une jeune fille très romantique qui a décidé de se mettre sur Internet pour parler d'elle afin d'élargir son cercle d'amis et, qui sait, de trouver un petit ami ! Elle y parle beaucoup d'amour et des garçons, publie des poèmes qu'elle écrit ou qu'elle trouve sur d'autres blogs et met en ligne plein de photos d'elle et de ses copines. Son site lui permet de communiquer avec des tas de gens dont certains qu'elle n'a jamais rencontrés mais qui lui ont "balancé des coms" pour lui donner leur avis sur différents sujets ou la féliciter d'être si jolie sur ses photos !
Alexandra
Parmi ces interlocuteurs inconnus, il y a Alexandra dit "Alex la mimi". C'est une jeune fille blonde qui a un an de plus que Mélanie. C'est vrai qu'elle est super mimi sur ses photos et elle habite dans la ville d'à côté. A vol d'oiseau, ce n'est pas très loin mais, bien qu'elles aient toutes les deux très envie de se rencontrer, elles n'ont toujours pas pu le faire.
Sur son blog, Alexandra parle de tous les sujets qui intéressent les filles de son âge. Ses amours, ses relations parfois difficiles avec les garçons, ses coups de cœur pour un film ou une chanson. Alexandra est vraiment quelqu'un que Mélanie adore et admire. Elles ont les mêmes goûts pour tout mais Alexandra montre une expérience avec les garçons que Mélanie lui envie beaucoup.
Les parents d'Alexandra
Sur son blog, Alexandra parle aussi de ses parents qu'elle adore malgré qu'elle les trouve parfois un peu pénibles à vouloir toujours la protéger de tout. Elle a mis en ligne une photo d'eux prise le jour de leur mariage. Sa maman en robe blanche et son papounet en costume très élégant, c'est vraiment trop mimi ! Ce qu'ils étaient craquants quand ils étaient jeunes ! C'était il y a vingt ans, avant sa naissance. Depuis ils ont un peu changé mais ils sont toujours supers ! Tu verras !
Le rendez-vous
Après 3 mois d'échanges virtuels, les deux amies n'y tenant plus décident enfin de se rencontrer. C'est Alexandra qui tient à fixer le lieu du rendez-vous au champ de foire. C'est un endroit où elle vient souvent avec ses amis. Elle trouve les bords de Seine très romantiques et on peut y rire et s'y amuser sans attirer l'attention car les maisons sont loin.
La rencontre
Mélanie est à l'heure mais Alexandra n'est pas encore arrivée. Un camping-car s'approche et s'arrête près d'elle. Une femme en descend et se dirige vers la jeune fille.
- Vous êtes Mélanie ?
- Oui
- Bonjour, je suis la maman d'Alexandra. Son cours de danse n'était pas terminé et elle m'a demandé de venir vous prendre mais ne craignez rien, elle sera sûrement rentrée quand nous arriverons.
Mélanie est un peu surprise de ne pas voir Alex. Sa maman a beaucoup changé depuis sa photo de mariage mais on la reconnaît quand même. Après tout, c'était il y a vingt ans ! La femme souriante et très douce lui tend alors un petit paquet et dit :
- Alex m'a donné ce cadeau pour toi !
Alexandra a pensé à me faire un cadeau, comme c'est mignon ! Mélanie le déballe et découvre le dernier CD de sa chanteuse préférée. Trop cool ! Toute à sa joie, elle monte dans le camping-car qui démarre et s'éloigne.
La disparition
Le soir venu, Mélanie ne reparut pas chez elle. Fous d'inquiétude, ses parents qu'elle n'avait pas prévenus du rendez-vous, n'eurent pas d'autre solution que de prévenir la police. On la rechercha dans tout le département pendant deux semaines sans le moindre résultat. Ce n'est qu'au bout d'un mois que des policiers trouvèrent des photos de Mélanie sur un site "spécialisé" et purent ainsi remonter la piste de ses ravisseurs. Ils la retrouvèrent enfermée dans le sous-sol d'une maison située à plus de cinquante kilomètres de chez elle dans un état de choc psychologique important.
Mélanie eut beaucoup de chance d'être retrouvée à temps. Après l'avoir photographiée pour vendre les photos sur Internet et avoir abusée d'elle à maintes reprises, son ravisseur n'avait pas l'intention de lui laisser la possibilité de témoigner contre lui.
La manipulation
Alexandra, la copine idéale, n'avait bien entendu jamais existé. Son blog avait été créé de toute pièce par cet homme de 43 ans qui se faisait passer pour une jolie jeune fille romantique dont on aimerait tellement être l'amie ! Il repérait ses victimes grâce aux photos publiées dans les blogs et aux textes "si romantiques" qui les accompagnaient à travers lesquels toutes ces filles fournissaient, en toute inconscience, de précieuses informations sur elles-mêmes, sur leur physique, sur leur entourage et même sur la ville qu'elle habitaient.
La "maman d'Alexandra" était la compagne complice de cet homme. Elle n'avait rien à voir avec la mariée de la photo mais l'image avait été soigneusement choisie pour sa ressemblance avec cette femme vingt ans plus âgée.
Les photos d'Alexandra avaient été téléchargées sur le blog d'une autre fille espionnée par l'homme qui, le jour du rendez-vous avec Mélanie, était caché à l'arrière du camping-car un tampon de chloroforme à la main. Quand Mélanie se réveilla ce jour-là, elle était enfermée dans le noir et il était trop tard !
Soyons vigilants
Ces professeurs on imaginé cette fiction pour faire prendre conscience à leurs élèves et à leurs parents du danger ÉVIDENT qu'il y a pour des mineurs à communiquer sur un blog sans se soucier de certains dangers. Mettre des photos et des renseignements sur soi ou sur d'autres à la portée de tous est loin d'être sans danger. Non seulement, publier des photographies de camarades mineurs sans l'autorisation de leurs parents est illégal et à l'entière responsabilité des parents du mineur qui les publie, mais les blogs sont conçus d'une façon idéale pour permettre le genre de manipulation décrite ci-dessus : liberté totale de ce qu'on publie (le fournisseur du site déclinant toute responsabilité en la matière dans un contrat qu'il faut approuver avant de s'inscrire), ouverture gratuite du blog qui peut ainsi se faire à l'insu des parents, liens multiples disponibles dans chaque blog permettant de surfer sur des centaines d'autres blogs, possibilité de communiquer en se faisant passer pour ce qu'on n'est pas.
En parlant avec des élèves, ces professeurs se sont rendus compte qu'ils n'avaient aucune conscience de ces dangers. Tous semblaient penser que seuls leurs amis et quelques inconnus (forcément adolescents !) pouvaient y avoir accès. Une élève, quand elle sut que des professeurs étaient entrés sur son blog, déclara même en toute candeur : "mais vous n'aviez pas le droit de faire ça !" exactement comme si ils avaient ouvert son journal intime en son absence.
Chacun, enfant comme parent, doit connaître ce danger afin de ne surtout pas le prendre à la légère.
ARTICLE ECRIT PAR CHEMI-KAO http://cheminokaos.over-blog.com/article-444589.htmlpresenté par AUDE WIE
Faites tourner
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LA PEINE DE VIVRE
J'ai pris la peine de vivre parce qu'un enfant pleurait, parce qu'un arbre, un insecte, un air de guitare m'ont lancé leur appel. Si j'ai voulu souvent me réveiller en arbre, en dé à coudre, en ruisseau, je reste solidaire des hommes, des parias, des enfants, des fous, de la pierre, des orages, de la verge d'Adam à la vulve cosmique. Du hurlement des loups au murmure des choses, c'est chaque homme qui parle et s'intègre à la vie. J'ai du sang dans les veines sans savoir pourquoi, du soleil qui me chauffe, un peu de pain d'épeautre, de la peau sur l'épaule, des doigts à chaque main. J'ajouterai ma pierre à la route commune. Je prêterai ma voix à la bouche du temps sans être dupe de rien. Chassé du paradis, Adam s'est remis à marcher. Ce sont ses pas que nous suivons toujours.
Tout le reste n'est rien sans le soutien du rêve. J'écris par dérision, par besoin, par amour, pour bloquer d'un seul mot une balle perdue, pour caresser les chats ou défoncer les portes. J'écris à coeur perdu comme une fleur de chair, un fruit de sang, une larme de boue. Je cherche l'équilibre entre les silences qui mentent et les paroles qui se taisent. Il faut toujours s'élever contre la barbarie sans cesser de sourire au soleil, faire les yeux des oiseaux sur les chênes aveugles, apporter nos voyages aux pieds de chaise qui restent. Ce que les photographes cachent derrière les images, le poète l'écrit. Il maintient la durée. Dans un butin de pommes, il transforme le ver en tunnel de lumière.
On peut vivre sans preuves ni promesses. Le peut-on sans espoir ? Nous ne serions qu'un vide que l'amour n'atteint plus, pas même une éraflure sur l'émail du temps. Ma langue prend son bien dans les mots de chacun. Ma parole est une maison de chiffonnier où l'on ne jette rien, ni cicatrices familières ni rognures d'étoiles. Tous les fragments s'ajustent entés sur un vieux tronc. L'usnée du rêve se greffe à l'écorce réelle. Le poèle à bois de mon enfance brûle toujours en moi. J’y rallume chaque nuit la braise du possible. C’est par lui que j’entends les vents ronger la terre, les vagues s’embrasser, les étoiles sourire. C’est par lui que je vois les fleurs invisibles sous le poids de la neige et l’encre s’immiscer dans les veines du bois pour en faire un cahier.
J’ai pris la peine de vivre pour en faire une joie. La nuit défend sa lumière et jette par poignées ses éclairs de rêve. Il en faut dans ce monde qu’on ampute partout. L’haleine des jardins se mêle aux oxydes de la peur, l’effacement des rosées à la poussière des ravins. Les bras des fleuves se dénouent sans rejoindre la mer. Sur les écrans du cœur on lit le générique sans regarder le film. Les mots du dictionnaire s’effacent peu à peu sous les noms des acteurs. Il faut laisser la terre inventer ses forêts et l’absolu germer dans un froissement d’insectes.
La lune a pris sa craie pour corriger la terre. Elle redresse un vieil arbre. Elle dessine au silence une barbe de mots et répare les ailes des oiseaux disparus. L’autre versant du monde en recueille les fruits. Les ombres dans nos pas échangent leur fardeau. Les regards s’enfuient et reviennent chargés de nouvelles musiques. L'intelligence me parle à travers les érables souvent mieux que les hommes. Il faudra choisir un jour ou l'autre entre la rouille des autos et l'humus des feuilles, écouter les sardines qui pleurent dans le fer et l'huile transgénique, les cailloux rongés par l'acide sulfurique. La terre qui fait ses diamants les cachent pour survivre. Les nuages ont les paupières collées un peu plus chaque jour. La mer perd le Nord et se change en gouttières. J'apprends par dénuement la patience des pierres.
Dans les cafés de la mer les poissons désespèrent. On trouble sans vergogne le sommeil des épaves. Il y a trop d’églises, trop de banques, trop de bars. Les arbres vont manquer pour le chant des oiseaux. Si les fleurs survivent à tous les pesticides, elles ne seront plus que des parfums de rouille. Il faut cesser de croire au pouvoir des balles, des balises, des banques. Je titube aveuglé par l’éclat des lucioles. Le cœur des météores bat par intermittence quand on débranche le nôtre. J’avance dans la prose sans recours à la rose. Que peuvent les poèmes adossés à la mort des enfants du Sahel ? Que peuvent les oiseaux dans le bruit des moteurs, la rose du désert contre les chars d’assaut ? Je prends la peine de vivre mais l’espoir est pesant.
Il ne faut plus se taire.
2 novembre 2004 JEAN-MARC LA FRENIERE
Pôete Ami Québéquois presenté par AUDE WIE
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Collage paint J-Marie D..(Ami)
PHEDRE d'apres Racine remanié par Georges Fourest (poêtes des années 20/30 et plus )
Dans un fauteuil en bois de cèdre
(à moins qu'il ne soit d'acajou),
en chemise, madame Phèdre ,
fait des mines de sapajou.
Tandis que sa nourice Oeunone
qui jadis eut si bon lait
se compose un maintien de nonne
et marmone son chapelet,
elle fait venir Hyppolyte,
fils de l'amazose et de son
époux, un jeune homme d'élite,
et lui dit:" Mon tres cher garçon ,
"des longtemps, d'humeur vagabonde,
"monsieur votre père est parti;
"on dit qu'il est dans l'autre monde;
"il faut en prendre son parti !
" sans doute un marron sur la trogne
" lui fit passser le goût du pain;
"requieascat ! il fut ivrogne,
"courreur et poseur de lapin;
"
"oublier cet époux volage
" ne sera pas un gros péché !
"Donnez moi votre pucelage
"et vous n'en serez pas fâché !
"vois-tu ma nourrice fidèle
"qu'on prendrait pour un vieux tableau?
" elle nous tiendra la chandelle
"et nous fera bouillir de l'eau !
"Viens mon chéri, viens faire ensemble
"dans mon lit nos petits dodos!
"Hein petit cochon, que t'en semble ,
"du jeu de la bête a deux dos ?"
A cette tirade insolite,
ouvrant de gros yeux étonnés
comme un bon jeune homme Hippolyte
répondit, les doigt dans le nez:
"_Or ça! belle maman , j'espère
"que vous blaguez, ence moment !
"Moi, je veux honnorer mon Père
"afin de vivre longuement ;
"à la cour brillante et sonore
"il est vrai que j'ai peu vécu;
"mais je doute qu'un fils honore
"son père en le faisant cocu !
" cos discours , femelle trop mûre,
"dégoûterais la Putiphar !
"prenez un gramme de bromure
"avec un peu de nénuphar!....
Sur quoi faisant la réverence
les bras en anses de panier
il laisse la dame plus rance
que du beurre de l'an dernier.
"_ Eh! vas donc , puceau phénomène!
"Vas donc châtré, vas donc salop,
"va donc, lopaille à Théramène !
"Eh ! Vas donc t'amuser Charlot!..."
Comme elle bave de la sorte
de fureur et de rut, voila
qu'un esclave frappe à sa porte:
"_Madame votre époux est là !
"Théseus, c'est Théseus!Il arrive!
"C'est lui-même: il monte a grands pas!"
Venait-il de Quimper, de Brive,
d'Honolulu? je ne sais pas,
mais il entre, embrasse sa femme,
la rembrasse en mari galant;
aussitôt la carogne imfâme
pleurniche, puis d'un ton dolent :
"_Monsieur, votre fils Hippolyte,
"avec tous ces grands airs bigots,
" et ses mines de carmélite,
"est bien le roi des salogots !
"plus de vingt fois sous la chemise
" le salop m'a pincé le cul
" et passant la blague permise ,
" volontier vous eût fait cocu:
"il ardait comme trente Suisses,
"et (rendez grâce à ma vertu)
"si je n'avais serré les cuisses
"Votre honneur était bien foutu !..."
Phèdre sait compter une fable
(tout un chacun le reconnait )
Son discours parut vraisemblable
si bien que le pauvre benêt
de Théseus promis à Neptune
un cierge(mais chicodondard!)
un gros cierge d'au moins une thune
pour exterminer ce pendard !
Pauvre Hippolyte ! Un marin monstre
le trouvant dodu le mangea,
puis ...le digéra, ce qui monstre
(mais on le savait bien déjà!)
qu'on peut suivre , ô bon pédagogue,
avec soin le commandement
quatrième du décalogue
sans vivre pôur ça plus longuement !
Georges FOUREST 1940( La Négresse Blonde edition Corti )
Presenté par AUDE WIE
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PAINT ACEVESA
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Conte de Noël
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Chaque année pour Tinoë, ça recommence. Dès le début du mois de décembre, son père passe tout son temps aux ateliers, et des dizaines de lutins intérimaires débarquent pour manger et dormir à la maison.
Ah ! Mais je m'aperçois que je ne vous ai pas présenté Tinoë. Tinoë est un petit garçon qui va avoir 9 ans, semblable à beaucoup de petits garçons de son âge et peut-être vous ressemble-t-il un peu.Il vit avec son papa et sa maman là haut, tout là haut dans un pays très froid qu'on appelle le Pôle Nord. Il fait tellement froid au Pôle Nord que la neige ne fond jamais. On peut faire de la luge quand on veut et comme tout est toujours recouvert de neige, on se déplace en traîneau tiré par des rennes.
Tinoë aime beaucoup son papa. Il aime beaucoup sa maman aussi, bien sûr, mais quand son papa s'habille avec ses belles bottes, son beau pantalon rouge, son manteau rouge et son bonnet, Alors Tinoë est fier de lui, et quand papa prend Tinoë et qu'il le serre très fort, même si sa grande barbe blanche le chatouille un peu, Tinoë est sûr d'avoir le meilleur papa du monde.
Une grande barbe blanche, un habit tout rouge et des bottes ? Ca ne vous dit rien ? Eh oui, vous l'avez deviné, le papa de Tinoë, c'est le Père Noël. D'ailleurs, le vrai prénom de Tinoë, c'est Noël. Il est né un vingt-cinq décembre, juste le jour de Noël et c'est pour ça que ses parents l'ont appelé ainsi, mais tout le monde l'appelait "Le petit Noël" et quand il était tout petit et qu'il n'arrivait pas bien à prononcer, Noël disait "Tinoë", et c'est resté.
Pour Tinoë, le jour de sa fête tombe aussi le jour de son anniversaire, et c'est bien embêtant pour lui. Comme en plus c'est aussi le jour de Noël, Tinoë ne reçoit des cadeaux qu'une fois par an.
Chaque année, le soir de Noêl, le papa de Tinoë travaille. Il distribue leurs cadeaux à tous les enfants de la terre. Enfin, à ceux qui ont été sages et à ceux qui ont promis d'essayer d'être un peu plus sages aussi. Alors comme il est loin et qu'il est très occupé, c'est la maman de Tinoë qui glisse les cadeaux sous le sapin. Tinoë le sait, il l'a vue une nuit alors qu'elle le croyait endormi.
A l'école, Tinoë est bien embêté quand approche le 25 décembre. Certains de ses copains disent que le Père Noël n'existe pas. Ils disent que c'est les parents qui mettent les cadeaux sous le sapin. Tinoë sait bien que le Père Noël existe, puisque c'est son papa, mais il sait aussi que c'est sa maman qui s'occupe des cadeaux. Alors dans la cour de récréation, quand la conversation vient sur le sujet, il ne dit rien.
Cette nuit Tinoë a fait un rêve. Son papa, le Père Noël, descendait par la cheminée comme chez les autres enfants et il venait le réveiller pour l'emporter dans son traîneau distribuer avec lui tous les cadeaux et même, il lui laissait un peu conduire le traîneau.Mais dans ses rêves, tout est simple et on dirait que les grandes personnes ne pensent jamais aux choses simples.
Tinoë se console un peu en allant voir les rennes dans leur enclos. Il les connait par leur nom. Tornade, Danseur, Furie, Fringuant, Comète, Cupidon, Eclair et Tonerre. Il y a aussi Rodolphe, le renne au nez rouge, le préféré de Tinoë. Les rennes aussi se préparent à la chevauchée fantastique de cette nuit là. Ils savent qu'une fois de plus il dépendra d'eux qu'aucune cheminée ne soit oubliée, que chaque village s'illumine du rire des enfants. Tinoë les aime ces rennes. Tout le reste de l'année, ils sont ses compagnons de jeux. Mais ce soir une lueur de tristesse brille dans ses yeux. Il s'attarde avec Rodolphe, le plus jeune des rennes, le plus espiègle aussi. Avec son nez rouge, partout il sait vite le retrouver dans la campagne ou les prés de cette immense clairière cachée là-haut dans le grand nord. Sans doute est-il son préféré car il est né le même jour que lui, il y a quelques Noëls de cela.
Rodolphe sous la caresse de Tinoë sent ce soir le tremblement de sa main sur son échine. Fort de la complicité qui s'est tissée entre eux au fil des années, il perçoit le désespoir du jeune garçon. Se pourrait-il que le fils du Père Noël soit le seul enfant malheureux en cette nuit de bonheur ?
Et dans sa petite tête de renne, germe l'idée d'organiser quelque chose pour que Tinoë soit de la fête. Avec ses compagnons d'attelage, un long conciliabule s'entame, comme seules les rennes peuvent en avoir. Mais quel projet de fête pour Noël ? Quoi faire pour Tinoë ?
Or cet après-midi justement, il y a réunion des bonshommes de neige. Ces êtres éphémères nés de l'imaginaire se retrouvent traditionnellement au début de l'hiver au pôle nord pour recevoir de la Fée des neiges éternelles une parcelle de son coeur de glace. Ce morceau de cristal, à la fonte des neiges, nourrit la terre de l'amour dont elle a besoin pour faire fleurir les plantes.
Les rennes, les bois entrelacés, tiennent messe basse au terme de laquelle ils ont du mal à dissimuler leur sourire en coin. Rodolphe est désigné pour aller parler aux bonshommes de neige à l'issue de la grande cérémonie et le trot élastique qu'il a adopté à son retour annonce déjà à ses compagnons que l'idée a plue.
Une chose est certaine, ils réservent une belle surprise à Tinoë qui, tout à sa mélancolie, ne s'est aperçu de rien et rentre chez lui quand sa mère l'appelle pour venir goûter.
L'air se remplit du tintement des clochettes de plus en plus lointain annonçant le départ de la Fée des neiges éternelles et les rennes s'empressent d'aller retrouver les bonshommes de neige, encore très émus.
Lorsque Tinoë vient les rejoindre un peu plus tard, les rennes l'entourent et Rodolphe se met à le pousser du museau. Tinoë se laisse guider. Derrière une grosse butte, Tinoë découvre alors les bonshommes de neige. Ils l'attendaient. Mais au lieu d'être debout, ils sont allongés l'un près de l'autre. Un lutin vient à sa rencontre et, avec un sourire aussi large que son visage le permet, lui annonce :
"Tinoë, les bonshommes de neige souhaitent t'offrir la plus belle glissade que tu aies jamais faite."Ainsi, jusqu'au crépuscule, quand apparaît le mince sourire de la première lune, on entend résonner dans la clairière le rire et les cris de joie de Tinoë. Il se laisse rouler dans tous les sens sur les ventres rebondis des bonshommes de neige s'esclaffant de plaisir.
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Le lendemain, cependant, Tinoë se réveille le coeur un peu serré en se rappelant que son papa ne sera pas là pour son anniversaire. Il sort de la maison de ses parents, le pas lourd et la tête basse. Rodolphe le rejoint, la queue frétillante et, à force de cabrioles, finit par obtenir son attention . Intrigué, Tinoë le suit. Dans l'entrepôt des jouets, Rodolphe lui désigne d'un coup de sabot un gros paquet bleu. En regardant de près, Tinoë s'aperçoit que sur l'une des faces du paquet, de petits trous ont été percés, sans doute par un lutin complice, comme si le paquet devait respirer. Tinoë ouvre le paquet. Il est vide, à l'exception d'un oreiller, d'une bouteille de limonade et d'un paquet de biscuits. Tinoë comprend alors le plan de Rodolphe. Se cacher dans le paquet pour que son papa l'emporte dans sa tournée.
Le soir de Noël, Tinoë monte se coucher sans rien dire. Il a mis son pyjama pour faire croire à sa maman qu'il va dormir, mais une fois dans sa chambre, il s'habille chaudement et sort par sa fenêtre. Il saute dans la neige qui amortit sa chute en silence et rejoint en catimini l'entrepôt où il se glisse dans le gros paquet bleu qui l'attend. Là, il est bien, il a chaud. Son coeur qui battait très fort bat plus doucement. Il est arrivé juste à temps. Les lutins prennent tous les paquets pour les charger dans le traîneau du Père Noël. Par les petits trous, Tinoë voit les rennes attelés au traîneau. Il voit même Rodolphe lui faire un clin d'oeil. Il a un peu peur en même temps, il se mord les lèvres pour ne pas éclater de rire tant il est heureux de cette aventure avec son papa.
Tout est prêt. Par les petits orifices, Tinoë aperçoit son papa qui s'assied dans le traîneau et prend les brides dans ses mains. Tinoë entend son papa encourager les rennes de la voix. Le traîneau commence à glisser. il va de plus en plus vite puis décolle dans la nuit étoilée.
Le Père Noël est soucieux. Pourtant il a tout vérifié avant de partir. Tous les paquets sont là.Il y en a pour tous les enfants qui ont été sages. Il y en a même pour ceux qui ont promis d'essayer d'être un peu plus sage. Le Père Noël a toutes les adresses et pourtant quelque chose le tracasse. Il jette un coup d'oeil derrière. Il pense à chacun des enfants. Il sait à qui donner chacun des paquets. Il ne se trompe jamais. Il sait à quelle petite fille donner ce paquet allongé qui contient un télescope. Il sait à quel petit garçon donner cette grande boîte plate qui contient une mallette de jeux de société. mais ce gros paquet bleu ? Il fouille ses poches pour trouver sa liste. Il tourne les pages. Voilà. Un gros paquet bleu. Il suit la ligne de son doigt pour trouver le destinataire du gros paquet bleu. Ho ho ho ! Saperlipopette, ce gros paquet est pour le Père Noël ! Qui peut bien avoir eu l'idée saugrenue d'offrir un cadeau au Père Noël ? Le Père Noël a les yeux pétillants. Un cadeau pour lui, jamais il n'aurait cru cela possible. Le plus beau cadeau qu'il ait jamais reçu de toute sa vie a été la naissance de Tinoë. Que peut-il y avaoir dans ce superbe paquet bleu ? Le papa de Tinoë pense que c'est la Mère Noël qui lui a fait une farce. Peut-être a-t-elle mis dans le paquet un thermos avec de la soupe chaude et des sandwichs ? Non, le paquet est trop gros. Peut-être une couverture au cas où il aurait froid ?
Dans son gros paquet bleu, Tinoë est un peu inquiet. Il ne sait pas du tout ce que dira son papa quand il le trouvera là. Finalement, il se demande si cette idée de Rodolphe n'est pas une grosse bêtise. Et si son papa se mettait en colère ? Ca lui arrive parfois, quand les lutins font tout de travers. On entend alors sa grosse voix crier :"Saperlipopette de saperlipopette !" et ça fait un peu peur.
En regardant le gros paquet bleu, le Père Noël pense qu'il y a longtemps qu'il n'a pas reçu de cadeau. La dernière fois, c'était il y a neuf ans. C'était Tinoë. Le Père Noël est un peu triste en pensant que Tinoë est loin, à la maison et qu'une fois encore lui ne sera pas là pour l'anniversaire de son garçon. Mais le travail, c'est le travail. On ne peut quand même pas donner les cadeaux avant Noël ni après ! Que diraient les gens ? Tout en se frottant la barbe, le Père Noël jette un coup d'oeil en direction des rennes, se demandant s'ils n'étaient pas dans le coup. Rodolphe garde les yeux rivés sur ses sabots. Le Père Noël lui trouve le nez encore plus rouge qu'auparavant. Sait-il quelque chose le petit renne au nez scintillant ?
"HO ! HO ! HO !" Le père Noël rit de bon coeur en disant :"Je n'ouvrirai mon colis qu'une fois de retour à la maison. Le plaisir vient après le travail."
Rodolphe ne peut s'empêcher de sursauter, il s'entremêle dans les cordes et manque de trébucher sur une étoile filante qui passait par là.
" HO ! HO ! HO ! lance le Père Noël à Rodolphe, si Tinoë te voyait ainsi, il rirait sûrement aussi fort que moi. HO ! HO ! HO !" continue le Père Noël toujours plus fort. Son rire est tellement puissant et joyeux que Tinoë presse l'oreiller contre son visage pour s'empêcher de rire à son tour.
"Je n'ouvrirai mon cadeau qu'à la maison, poursuit le Père Noël, mais en attendant, je peux toujours essayer de deviner ce qu'il y a dedans. D'ailleurs, je suis sûr que mon cadeau est emballé dans un paquet magique et qu'il saura me répondre par un coup si je devine bien et par deux coups si je me trompe. Alors gros paquet bleu, es-tu un paquet magique ?"
Tinoë tape un coup contre le carton pour dire "oui". Il commence à bien s'amuser. "Ho ! ho ! ho ! répond le Père Noël, j'en étais sûr ! Alors, essayons de deviner ce que j'ai comme cadeau... Voyons. Paquet magique, est ce que tu contiens une grande belle couverture bien chaude quand j'ai froid sur mon traîneau ?" Tinoë tape "non non" en donnant deux coups de l'intérieur du paquet.
"Paquet magique, gros comme tu es, tu contiens sûrement quelque chose d'important."
"Oui" tape Tinoë après un instant d'hésitation, mais il se dit qu'il est quand même plus important qu'une grande belle couverture chaude.
"Gros paquet magique, je vois que tu as de petits trous sur le côté, comme si ce que tu contiens devait respirer. Paquet magique, est-ce que tu contiens un petit chien ?" "non non" tape Tinoë contre le carton. "Alors peut-être un petit chat ?" "non non" répond Tinoë en tapant deux coups. "Ni petit chien ni petit chat, alors peut-être caches-tu un petit enfant ?" "oui" tape Tinoë soulagé que son papa soit enfin sur la bonne voie.
"Ho ho ho ! Un petit enfant ! Paquet magique, peut-être caches-tu un petit enfant à qui un certain renne au nez rouge qui ne sait plus où se mettre a donné l'idée de se cacher là plutôt que de rester dans son lit ce soir ?" " OUI" tape Tinoë contre le carton ! "Ho ho ho ! ajoute le Père Noël, alors j'ai peut-être une idée de ce que tu contiens, joli paquet bleu. Mais peut-être devrais-je quand même attendre de finir la distribution des cadeaux de tous les enfants de la Terre avant de t'ouvrir ?" "NON NON" frappe Tinoë contre le carton. Il est un peu inquiet à l'idée de devoir rester encore plié en deux dans le carton toute la nuit, mais un peu préoccupé aussi par ce que dirait son papa en le trouvant. L'idée venait un peu de Rodolphe mais après tout, il aurait pu dire non.
Alors Tinoë prend la plus grosse voix qu'il peut et dit : "Père Noël, allô, Père Noël, ici le paquet magique, le petit garçon caché dans le paquet magique se demande si tu es fâché, en colère ?" Avec le manche du fouet qu'il tient dans la main gauche, un fouet qui ne sert à rien d'ailleurs, mais ça fait plus sérieux, le Père Noël cogne doucement "non non" sur le dessus du carton d'où s'élève encore une fois la voix de Tinoë :"Vraiment ? Tu ne ne le gronderas pas ?" "non non" fait le Père Noël en tapant deux coups sur le paquet bleu, qui continue d'une voix étranglée : "Lepetit garçon demande s'il peut sortir maintenant et s'il peut distribuer les cadeaux aux enfants avec toi ?" Alors le Père Noël ouvre en grand le gros paquet bleu. Il prend Tinoë dans ses bras et le serre contre lui en disant : " Oui, tu peux rester avec moi. Bon anniversaire, bonne fête, et joyeux Noël mon Tinoë que j'aime."
Tinoë et le Père Noël restent enlacés si longtemps que Rodolphe s'impatiente en pensant à tous ces enfants qui attendent encore leurs jouets.
Rageusement, il racle de la patte envoyant promener une comète à l'autre bout du ciel. Tinoë et son père se regardent et comme deux vieux complices lancent en choeur : " On y va !"De son fouet le Père Noël zèbre le ciel de mille étoiles nouvelles et pose entre les mains de Tinoë les brides de l'attelage.Tinoë, très fier en cet instant, ordonne le signal du départ. Les rennes en s'élançant soulèvent une spirale de poussière, créant cette galaxie visible des seuls enfants le soir de Noël.
Ils vont si vite cette nuit-là, distribuant deux fois plus de cadeaux qu'à l'habitude, que l'aube pointe à peine à leur retour. Tinoë a le visage tout illuminé par cette nuit quand il saute au cou de sa maman. Elle verse une larme, vite effacée, devant la joie de son enfant ou de soulagement peut-être après l'avoir cherché toute la nuit, nul ne le saura jamais, mais elle est si heureuse de passer ce Noël avec sa famille.Cette nuit-là, Tinoë était tellement content que ça faisait comme une pluie de poussière magique autour de lui et de son père. Tellement d'étincelles, que ceux qui ont levé les yeux pour regarder le ciel à ce moment-là ont cru voir une étoile filante et ils ont tous fait un voeu.
Moi qui vous raconte cette histoire, j'étais là ce soir-là. Justement je regardais le ciel à ce moment, et j'ai vu toutes ces étincelles autour de Tinoë et de son papa. Ca faisait comme une grande traînée toute lumineuse. J'ai fait un voeu, on fait ça quand on voit une étoile filante. On souhaite quelque chose de bien et souvent, le voeu se réalise.
D'habitude les voeux, c'est un peu secret, mais maintenant nous sommes amis puisque je vous ai raconté l'histoire de Tinoë et je peux vous le dire. J'ai fait le voeu que l'amour dure toujours et qu'il nous apporte à tous la paix. Et vous savez quoi ? Je crois que tous ceux qui ont cru voir une étoile filante ce soir de Noël ont fait le même voeu.
Ecriture Collective/Groupes d'ecritures MSN
Roger F , Lilly , Jean Marie D, JLM, Soup , Tris , MTAU..et plein d'autres qui ont participés a ce joli conte
Copyriht depot@Presenté par Aude Wie
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