Jeudi 12 mai 2005 4 12 /05 /Mai /2005 00:00

 

HAÏKU

A QUI

 

O    Q

 

Haïku

 

 

Les « Haïku » sont des petits poèmes japonais de trois vers, c’est tout.

 

On n’y fait pas d’étalage, ni de bavardage, ni bien sûr de romantisme.

 

 

Ce sont de brèves suggestions qui ouvrent la porte au vent de l’esprit.

 

 

Ces trois vers brefs visent uniquement le ressenti capté du poète, en toute humilité, et s’écrit comme une note griffonnée ou comme un message envoyé qui devra être saisi et prolongé par le destinataire.

 

 

Voici un petit haïku français bien réussi :

 

 

                        Les sanglots longs

 

                        Des violons

 

                        De l’automne.

 

 

Les trois vers suivants, développés par Verlaine : bercent mon cœur /d’une langueur/monotone sont superflus pour un Haïkiste. C’est au lecteur de poursuivre mentalement le poème pas à l’écrivain.

 

 

C’est donc la forme la plus contractée de la poésie. Le mode oriental, ascétique, est sous l’influence du Bouddhisme. Il y a un souci constant de s’effacer devant une émotion ou plus un émerveillement.

 

Toutefois le haïku ne dédaigne ni trivialité, ni humour.

 

 

Je m’y suis collé sans grands succès. L’art est difficile.

 

 

Afin de donner de la « glisse » aux haïku, j’indiquerai entre parenthèses et en italique quelques mots permettant de connaître le contexte, d’aider à percer le mystère et de favoriser la méditation.

 

 

Je vous souhaite de bien profiter de ces brefs attendrissements (parfois) ou émotions (toujours), à vous de les accommoder et de les prolonger.

 

 

En retour n’hésitez pas à en faire, je serai ravi de les lire. Réussi pas réussi qu’importe : il faut s’y coller, c’est trop fun !

 

( pour plus d’explications je peux indiquer un bouquin sur ce genre de poème)

 

 

 

 

 

 

Quelques uns que j’ai recueilli :

 

 

Le cri du cormoran                       Le son du cor

 

Le soir                              le soir

 

Au dessus des jonques             au fond des bois

 

 

On aurait presque pu en faire avec : L’odeur de la papaye verte, Du vent dans les branches de sassafras, La vie rêvée des anges.

 

 

Les miens :

 

 

(1) Au soleil couchant

 

La mer cuivrée saigne

 

Jusqu’à mes pieds.

 

(moments inoubliables d’un coucher de soleil à cannes)

 

 

(2) Le malheur

 

est venu de bonne heure

 

ce matin

 

(humour)

 

 

(3) Un jour

 

c’est vrai

 

je par-tiret

 

(humour facile sur le langage)

 

 

(4) Le lion mange

 

à sa fin

 

Gong

 

(un peu tiré par les cheveux)

 

 

(5) Les jambes de la dame

 

flageolent

 

Grelots.

 

( une vieille dame sort du dispensaire)

 

 

(6) La palourde baille

 

chaleur

 

ouverte

 

(un peu coquin, la palourde c’est la représentation du sexe féminin en japonais)

 

 

(7) Il parle, il parle, il parle

 

Silence de tête.

 

Même pas une mouche

 

(en réunion)

 

 

(8) Il dévide, il dévide en persiflant

 

sa langue.

 

Caméléon

 

(en réunion)

 

(9) l’écriture tue

 

silence

 

de la plume

 

 

(10) Je casse le silence

 

avec mes mains

 

clap

 

(concret)

 

 

(11) Le lac des cygnes

 

Un grand amour perdu

 

Soupirs de fêtes.

 

(en raccourci une histoire d’amour)

 

 

(12) La tour de Montléry

 

qu’on voit partout devant les cimes des nuages.

 

Le mont Fuji.

 

(aperçu journalier 

 La fin « Le mont Fuji » signifie : ce qu’il y a de plus beau. C’est le plus pénétrant de mes poèmes.)

 

 

(13) C’est l’heure où sortent

 

Les bonhommes de neige

 

Fizz…

 

 

(14) Chacun d’eux meurent

 

sur moi

 

suis-je ?

 

( de la compassion)

 

 

(15) Le metteur à l’aise

 

parle

 

s’en va.

 

 

(16) pèlerin de l’espoir

 

Baise la terre

 

Robe blanche maculée

 

(arrivée du Pape à Cuba)

 

 

(17) Repentance partout

 

les hommes parlent

 

cri du coucou.

 

(actualité)

 

 

(18)Les moutons se blottissent

 

Il ne fait pas froid

 

Grève.

 

(aperçu de l’intérieur d’un train un jour de grève)

 

 

 

 

(19) morsure de bise

 

yeux crispés

 

Général Hiver

 

 

(20) élagage

 

repousses rouge

 

hiver pimenté.

 

(les buissons en hiver)

 

 

(21) larmes brûlantes

 

gros chagrin

 

Le soleil se cache.

 

 

(22) pic vert à béret rouge

 

aspire des lombrics

 

et vol bref ondulé

 

(tentative de description d’un pic vert au jardin)

 

 

(23) l’église auréolée d’orange

 

la nuit 

Mont Saint Michel.

 

(j’ai substitué au Mont fuji)

 

 

(24)Orange en forêt

 

Silence du bois

 

Un couple marche 

déclaration de revenus.

 

(Un coucher de soleil alors que tout semble tranquille)

 

 

(25) splendeur dorée du forsythia

 

le bourdon titube

 

printemps

 

(arrivée du printemps)

 

 

(26) l’horizon infiniment plombé

 

la goutte perle

 

la vitre pleure

 

 

(27)l’éclat de rire

 

du croissant de lune

 

au printemps

 

(c’est  l’inverse des sanglots longs…)

 

 

(28)Quel brouhaha

 

les oiseaux sont désaccordés

 

matin de printemps

 

 

(29)Chaque étoile cristalline

 

perce le firmament

 

toutes les nuits

 

 

(30) Enterrement des souvenirs

 

je boirai seul

 

quasiment heureux

 

 

(31) Coquelicot irisé

 

 beauté du diable rouge

 

été ouaté.

 

 

Puis, pour finir, après l’hiver, le printemps, voici l’été :

 

 

(32) Lucifer

 

touille le charbon

été accablant

 

 

(33 les lentilles vertes

 

raniment l’eau noire

 

étang d’été.

 

(traduit directement du japonais :      lé lan til vert

 

                             ra nim lo noir

 

                             étangdété)

 

 

(34) Massifs hortensias

 

sous crachin

 

Côte d’armor

 

 

(35) Les bons gros soleils

 

prient l’astre

 

toute la journée

 

(soleil et soleils)

 

 

Enfin il ne faut pas oublier que :

 

 

(36)  la nuit

 

on bronze le plus

 

à la lueur du rêve d’herbert

 

 

l’été encore :

 

 

(37) les lucioles

 

phares des herbes sauvages

 

clignent ;

 

 

et pour finir :

 

 

(38) le silence

 

si long

 

que vibre le vide.

 

 

 

 

Et maintenant voici de véritables Haïku japonais :

 

 

Dans la jarre d’eau

 

Une fourmi

 

Sans ombre

 

Seishi

 

 

Brume et pluie

 

Fuji caché. Mais cependant je vais

 

Content

 

Bashô

 

 

La rivière d’été

 

Passée à gué, quel bonheur

 

Savates à la main

 

Buson

 

 

Le foulard de la fillette

 

Trop bas sur les yeux

 

Un charme fou

 

Buson

 

 

Tous les cris des marchands ambulants

 

Se sont tus

 

Midi. Les cigales.

 

Shiki

 

 

J’ai emprunté ma chaumière

 

Aux puces et aux moustiques

 

Et j’ai dormi

 

Issa

 

 

Je lève la tête

 

L’arbre que j’abats

 

Comme il est calme

 

Issekiro

 

 

Tout le monde dort

 

Rien entre

 

La lune et moi

 

Seifujo

 

 

Ça, ça

 

C’est tout ce que j’ai pu dire

 

Devant les fleurs du mont Yoshino

 

Teishitsu

 

 

 

 

Le carrelet

 

N’a pu pêcher

 

Le reflet des étoiles

 

Kinsha

 

 

 

Ecrit en japonais « neko ni kuwareshi o

 

                               Kôrogi no tsuma wa

 

                               Sudakuran

 

 

Traduction :

Par WIE - Publié dans : aude-wie beaucoup de delire et de mots pour rire
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Mercredi 11 mai 2005 3 11 /05 /Mai /2005 00:00

 

PRÉFACE HALLUCINÉE POUR RENDRE SERVICE

 

La dernière fois que je suis passé c'était en janvier, on venait allègrement d'enterrer la dernière, et cette nouvelle année, d'un nouveau siècle paraissait mollir passablement ; c'est une énorme pie , gueulant plus fort qu'un gabian qui me fit penser que si les bambous reverdissaient tout en se prenant pour des plumes d'oies migrant du Québec en vol triangulaire, il faudrait peut-être que j'affûte mes bambous secs de l'an passé, ou que je prenne une plume du cul à Zizi Jammaire, pour faire un truc, un bout de chose, comme qui dirait une Préface, comme ça en passant gratuitement (« bien que l'acte gratuit soit désormais hors de prix » ), un peu en dégoulinant, comme les franges de mon tapis qui, si je le laisse faire, s'étalera bientôt sur moi : méfiance...... c'est traître un tapis, plus encore qu'un livre qui n'existe pas et à qui on offrirait (quelle générosité) des Préfaces pour qu'il semble au moins exister !

Car comme le "petit bruit de l'oeuf dur sur le comptoir le matin" c'est on ne peut plus déprimé et déprimant un livre qui ne sait pas exister, un livre qui ne sait comment vivre, un livre à la Woody Allen quoi , un livre à psychanaliser d'urgence !

Me voilà donc le cul sur la chaise qui retient un tapis volage, et effiloché , pour essayer de comprendre pourquoi donc, un livre a des besoins existentialistes.....?! Quoique comprendre est un bien grand mot. Je dirais plutôt apprendre ; décortiquer la crevette à cru n'est pas mon fort, mais si cela peut l'aider, je vais lui mettre quelques mots dans ces pages qu'en plus, il faut lui ajouter ; c'est fou ce que c'est vide un livre qui n'est pas ! Je lui dirai que c'est une préface a son existence et que je suis désolé mais je ne peux pas faire plus, bref ! puisque c'est vital pour lui, je lui donnerai son quignon de lettres au bout les unes des autres c'est pas trop dur et ça ne mange pas de pain !

Par contre, ce foutu clavier me fait peur, il a un air plus ahuri que mon horloge comtoise, qui me rappelle à l'ordre d'une voix plus aigre qu'un menu chinois, ou que la piquette du père Magloire ; je suis mal assis, j'ai une fesse plus haute que l'autre ce qui est très inconfortable, malgré tous les ricanements que cette situation Préfacière entraîne chez mes plantes vertes qui se marrent sous feuille, et ma porte qui bâille d'ennui avant que j'arrête de râler ; il faut que je me cale bien, y'a pas à chipoter, que je déplie aussi, chose assez risquée, car ayant les poings faits après mon engueulade avec mon concierge, mon majeur reste en dedans, et je ne peux décemment pas taper cette foutue Préface avec les phalanges, même avec une plume à réservoir de chez Penninguen N° 4 (j'aime bien quand c'est gras) de côté , car on ne sait jamais avec ces bestiaux que sont les ordinateurs..... une Préface handicapée aux premiers mots, ça la fout vraiment mal .

Maurice me regarde l'oeil en coin, façon sole, face au sol, une vraie gueule de raie, car il sait d'avance ce que je vais dire (il préface lui aussi à sa façon) : mon dos, bong sang mon dos !! Je vais prendre comme d'habitude une grande cuillère en bois, avec un verre d'eau, je cale le tout sur ma chaise, j'allume un cigare fantôme car j'ai arrêté de fumer, je repose le briquet et mon doigt libéré enfin des autres, se lance ......

Oui, mais voilà ...... que dire à un livre en état de manque pareil ???? Il n'est même pas habillé, même pas un semblant de couverture pour cacher cette cruelle nudité..... si je lui fais une Préface en tricot, une maille à l'envers une maille à l'endroit, Monsieur veut des torsades et moi les torsades, à part les pâtes, je connais pas. Je pourrais lui mettre mon drap de bain pas sec en guise de couverture, mais Monsieur me retorque que le vert lui abîme le teint ..... cet abruti va me foutre le cafard s'il continue .... j'ouvre donc grand mes oreilles (basses) à une paire aimable de Boules Quiès et, je m'y mets.......

Mince alors ! c'est pas un truc inexistant et complètement caractériel qui va m'empêcher de faire cette foutue Préface... C't'un monde ça !

Le cul bien calé et le dos tenu par ma cuillière de bois, le doigt détendu, sourd à toutes réflexions désobligeantes de qui que ce soit alentour, même de mon miroir piqué, mais du XVIII ième, je retrousse mes manches, j'amorce mon doigt en l'air.................

 

Crissements de pneus... ????!!........ Un taxi en maraude s'arrête à ma hauteur ???!!!..... : "non, non , c'est juste pour moi un geste inévitable pour rendre service "............. Démarrage à la gomme , qui emplit de joie le bitum, l'erreur est partie .

 

D O N C ...... j'y vais, je me lance, je fais une simili Préface pour un Simili bouquin qui a mauvaise humeur et , pas la pêche du tout.... OUI ça vient !

Ce livre est une Horreur je vous le dis, oui, il dit s'appeler Préface, il faut se le faire !... Alors, après moi si quelqu'un veut rajouter un bout de sauce c'est pas de refus, parce que rien que pour commencer, je suis déjà épuisé, alors Svp, si vous passer dans ce coin : ou vous tournez les talons vite fait, ou vous n'y coupez pas , mettez quelques mots, rajoutez des phrases et pas n'importe lesquelles car Monsieur Préface est, malgré son état lamentable, très difficile, et puis fort de votre BA dites-vous que vous avez aidé la science car la psychanalyse d'un Bouquin qui a des problèmes de ce type, c'est pas tous les jours, pour sûr, que vous en trouverez sur votre chemin .

Et puis si vous êtes plusieurs à naviguer sur les eaux pas très claires de l'esprit de Préface, faites une pétition pour lui on ne sait jamais ????!!! ..... Salut et bon courage : voilà ! Je vous présente Préface.......... Moi ?.......... Ne vous souciez pas de moi... J'ai assez à faire avec mes plantes vertes, mes esprits, mes taxis erreurs, mon doigt vengeur arthritique, et ma cuillère en bois, je vais m'allonger sous mon tapis ....... Salut !..... Et occupez-vous bien de Monsieur Préface hein ?... Je compte sur vous........... Qué Caractère ! On m'y reprendra à rendre service, tiens .......

AUDE WIE/C.TA.C

Par WIE - Publié dans : aude-wie beaucoup de delire et de mots pour rire
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Mardi 10 mai 2005 2 10 /05 /Mai /2005 00:00

Tranches de Savoir de Henri Michaux


 

                                    *

(en vrac extraits)

 

*Même si c'est vrai , c'est faux .

 

*Si toutes les vaches fonçaient sur les camions, il y aurrait un recul des camionneurs, des ouvriers des abattoirs, et pendant quelque temps, des mangeurs de viande. Mais qu'elle ne s'y trompe pas, l'humanité n'est pas prête a lacher le bifteck et le lait  de ses enfants , pour un simple affaire d'humeur.

 

*Lers éternelles croisades manquées:L'armée des chevaliers rencontra dans les plaines la troupe des ravageuses de genoux, et le grand élan succomba au ras des rhizomes

 

*Ce n'est pas un tic de girafe que de regarder à chaque instant à ses pieds.

 

*Celui-là avec sa vertu, il branle ses vices.*

 

*Pauvreté sans dette,ce serait trop de solitude , dit le pauvre en sa sagesse.

 

*Le désert n'ayant pas donné de concurence au sable, grande est la paix du désert.

 

*L'enseignement de l'araignée , n'est pas pour la mouche.

 

*Qui a rejetté son démon nous importune avec ses anges.

 

*L'épouvante aussitôt tutoie. Plus de risque d'éloquance.

 

*Que donnerait une distillation du Monde?" demandait,émerveillé, un homme , ivre pour la première fois.

 

*S'il veut des victimes, le tortionnaire devra les acceuillir, secondo, les protéger. Le reste , sa nature le lui indiquera suffisamment. Si toutefois il veut encor des conseils, c'est qu'il n'est pas suffisamment doué. L'aiguiller plutôt charité, ou justice, ou s'il demande encor des conseils, du côté mécannique, si arrivé là il pose encor des questions, souvenez vous qu'il y a la Philosophie.

 

*On ne voit pas les virgules entre les maisons, ce qui rend la lecture si difficile et les rues si lassantes à parcourir.                    

 

* La phrase dans les ville est interminable. Mais elle facsine et les campagnes sont désertées des laboureurs autrefois courageux qui maintenant veulent se rendre compte par eux mêmes du texte admirablement retors, dont le monde parle, si malaisé à suivre, le plus souvent impossible.

 

* Ce qu'ils tentent de faire pourtant, ces opiniâtres travailleurs, marchant sans arrêt, lapant au passage les maladies des égouts et la lèpre des façades, plutôt que le sens qui se dérobe encor. Drogués de misères et de fatigue, ils errent devant les étalages, égarant parfois leur but, leur recherche jamais... et ainssi s'en vont nos bonnes campagnes. 

 

Henri Michaux:FACE AUX VERROUS, poésie pensées , extraits des Tranches de savoir. 

 
Voici ce que m'en a dit le copain qui m'a offert ce livre en 90:
"Un livre à fracturer...à pénétrer...bref à défoncer...l'auteur nous y invite ...puisque verrous il y a !!
Arrêtons de chercher les clefs(clés)... les cambrioleurs de l'esprit sont là......Michaux nous montre la voie..............Bon.....allons-y !"  ....Gé " à vous de voir si cet auteur tres hypnotique pour ma part vous facsinera aussi
 AUDE WIE
paint virtual DIGITALBASPHEMY
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Mardi 10 mai 2005 2 10 /05 /Mai /2005 00:00

 

"PRÉFACE SENSUELLE

 

Peut-être vous vous tenez là, debout devant l'étalage, caressant ce livre à pleines mains. À peine avez-vous effleuré la couverture d'un doigt timide, soupesé la masse prometteuse, les doigts bien plaqués le long de son échine, que vous vous dites que vous LE tenez, celui là, le sublime, celui qui vous fera vivre les plus envieuses sensations. Vous regardez à gauche d'abord, puis à droite de crainte d'être aperçu dans cette attitude toute personnelle et sensuelle.., puis vous osez porter le livre jusqu'à hauteur de votre visage, là, juste sous votre nez pour discrètement tenter de renifler pleinement, voluptueusement l'odeur enivrante du carton coloré . N'y tenant plus, dans une quête fébrile, jetant encore une fois un rapide regard autour de vous, les jambes un peu molles dans l'attente de se plaisir si vif, vous vous abandonnez peut-être à l'envie irrésistible de saisir la masse tout entière des pages et de les tourner dans un geste rapide afin d'extraire d'elles leur odeur légère et caractéristique, prenant, dans une symbiose parfaite une pleine bouffée de cet alléchant plaisir. Avant même qu'on l'ouvre, le livre distille son message. Il met nos cinq sens à l'ouvrage.

Que de promesse, penserez-vous peut-être. La multiplicité des caractères et même leurs noms ont de quoi faire rêver : garamond, zéphyr, elzévir, lucinda.. en italique, en gras. C'est comme une carte géographique découpée en lettres. Le craquement des pages qu'on ouvre, le chuintement du doigt sur la page qu'on tourne, le bruit quand on le referme. Qu'est-ce que se sera quand vous le ramènerez à la maison et qu'il sera vôtre! ? Enfin vous pourrez à votre guise, sans crainte d'être surpris dans vos élans amoureux, le caresser longuement, saisir une à une les pages. Vous frôlerez délicatement les écritures d'un doigt, essayant de ressentir la toute petite texture embossée des mots, des phrases, laissée par l'encre.

Et que de jouissance ressentirez-vous à la préparation toute cérémoniale, digne d'un grand cru, que vous ferez avant de commencer la lecture....s'installer confortablement, fauteuil, jetée chaude peut-être, un bon feu, tiens un breuvage aussi ?, Préférez-vous un cognac ? vin rouge ? ou pourquoi pas un thé Earl Gray et sa douce effluve de bergamote ?...Vous fumez peut-être ?, prenez un de ces petits cigares ...

Puis vous offrirez une lumière directe, d'un blanc pur, sans fausse teinte jaunie ou bleutée à ces pages affriolantes qui, avant même de se laisser découvrir vous font vous pourlècher les babines de désir. Vous voilà installé ? Êtes-vous bien certain de ne pas être dérangé dans cet acte quasi sacrée qu'est la lecture ?, Acte qui recommande un plein engagement, une participation sans faille, deux exigences qui si respectées vous feront à coup sûr grimper au septième ciel tant l'emportement imaginaire, la trame bien tissée, le dénouement tant attendu sont puissant. Allez, ne prenez aucune chance, décrochez le combinée...

Bien sur vous pouvez poussez l'audace jusqu'à introduire dans votre dégustation littéraire un réel plaisir buccal en y allant d'un accompagnement alimentaire, un morceau de fromage, un chocolat ou peut être un fruit ? pourquoi pas les deux ?, chocolat et fruit, tiens, essayez une orange et un bout de chocolat noir. Laissez le plaisir des sens trouver sa cadence, le rythme parfait, une page, peut-être deux et une cosse d'orange que vous aurez décollé du fruit dans un doux chuintement, et aussitôt les premiers jets rafraîchissants ressentis sous la langue prenez le chocolat. Quel savoureux mélange ! , un texte prenant, une orange bien mûre et un délectable morceaux de chocolat ! Et quand vous serez pleinement saoûlé de ces plaisirs, la bouche pleine, les mains tachées de chocolat, reprenez à grand coup une ou deux bouffées odoriférantes du volume tout entier. Page, encre, couverture, même la table des matières ont un parfum pour peu qu'on ait du nez.

Pleins les yeux, les mains avides et moites, une bulle de sensualité vous entourant jalousement, l'imaginaire aux commandes, vous resterez ainsi aussi longtemps qu'il vous plaira. Une heure, trois, toute la soirée... Allez ! c'est sûrement tempête dehors, le feu brûle bien, le chat ronronne à vos pieds, voyez toutes ces choses en accord avec cette réelle orgie que vous vous offrez....

Ce qui est magique avec l'univers de la lecture, c'est qu'à lui seul il a le pouvoir de déclencher en vous des torrents de plaisirs, il dicte à vos sens, réveille en vous des zones que vous croyiez endormies depuis des lustres, il vous fait ressentir qui vous êtes vraiment, dans toute votre âme, vote intimité, votre sensualité...

Le bouquin que vous tenez là, je vous en fait la promesse, est le plus digne représentant de sa race, préparez vous à toute une explosion des sens ! Mais d'abord bougez vous un peu ! vous êtes figé là, tout le monde vous regarde, allez! au comptoir, payez et disparaissez vite! Quoi ? vous avez l'air tout retourné, je vous ai secoué un peu trop?, vous étiez loin de vous doutez que sensualité rimait très fortement avec lecture ?, allons, ne m'en veuillez pas, que voulez-vous ce n'est pas ma faute, je suis une liseuse depuis ma tendre enfance. Ma mère lisait beaucoup, elle m'a inculqué l'envie de me bâtir un monde intérieur par la lecture...

J'aime et j'ai lu toutes sortes de livres. Je ne saurai trop, sur un coup du coeur, comme ça, vous dire quel auteur, quel livre en particulier ou quel genre m'a marqué le plus...

Ce qu'il me reste, et ce qui encore aujourd'hui compte pour une grande partie dans mon amour de la lecture tient beaucoup à l'environnement sensuel d'un livre...Ha!, l'odeur des pages, l'encre imprimée et sa senteur spéciale, encore plus quand le livre est vieillot....le bruissement des pages qu'on tourne... Je ne peux m'empêcher de sentir tous les livres que je lis... Je renifle lentement et il me semble que ça rajoute un extraordinaire plaisir à la lecture... Allez savoir pourquoi ? Il y a longtemps que je ne cherche plus... J'aime les livres épais, à l'écriture petite et serrée, les pages minces, un peu jaunies même...elles sentent encore meilleur....

Et là, installée confortablement, avec doudou et neige qui tombe, ou hamac et limonade fraîche, je renifle d'abord et j'ouvre la couverture...Le grand plaisir commence!...."VAJNA

merci VAJNA pour tes mots je sens le goût du livre l'odeur du missel de ma gr'mère tout y es tu n'y a rien oublié chapeau la Belle!

Présenté par AUDE WIE

        paint Jim Warren

 

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Lundi 9 mai 2005 1 09 /05 /Mai /2005 00:00
..... un texte de Léo Férré comme un "petit coup de remember"
je vous Bizouille tous
a plus , j'ai le cerveau déssèché....et la tête raide(viiiiiiiiiiii ! juste la tête , j'vais pas vous faire un leçon d'annatomie sur ma personne il risquerait d'y avoir de ces erreurs, surtout des manques!Zdrrrrrrrrrr!)
AUDE WIE
 
 
 
 
 
LA POESIE
FOUT L'CAMP
VILLON !

Tu te balances compagnon
Comme une tringle dans le vent
Et le maroufle que l'on pend
Se fout pas mal de tes chansons
Tu peux toujours t'emmitoufler
Pour la saison chez Gallimard
Tu sais qu'avec ou sans guitar'
On finit toujours sur les quais

La poésie fout l'camp Villon !
y'a qu'du néant sous du néon
Mais tes chansons même en argot
Ont quelques siècles sur le dos

 

Si je parle d'une ballade
A faire avec mon vieux hibou
On me demandera jusqu'où
Je pense aller en promenade
On ne sait pas dans mon quartier
Qu'une ballade en vers français
Ca se fait sur deux sous d'papier
Et sans forcément promener

La poésie fout l'camp Villon!
Y'a qu'des bêtas sous du béton
Mais tes chansons même en argot
Ont quelques siècles sur le dos

 

En mil neuf cent cinquante et plus
De tes jug's on a les petits
Ca tient d'famille à c'que l'on dit
Ca s'fout un'robe et t'es pendu
Tu vois rien n'a tellement changé
A part le fait que tu n'es plus
Pour rimer les coups d'pieds au cul
Que nous ne savons plus donner

La poésie fout l'camp Villon!
Y'a qu'du néant sous du néon
Mais tes chansons même en argot
Ont quelques siècles sur le dos

 

Emmène-moi dedans ta nuit
Qu'est pas frangine avec la loi
" J'ordonne qu'après mon trépas "
" Ce qui est écrit soit écrit "
Y'a des corbeaux qui traîn'nt ici
Peut-être qu'ils n'ont plus de pain
Et je n'attendrai pas demain
Pour qu'ils aient un peu de ma vie

La poésie fout l'camp François !
Emmène-moi emmène-moi
Nous irons boire à Montfaucon
A la santé de la chanson.

Léo FERRE

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