HAÏKU
A QUI
O Q
Haïku
Les « Haïku » sont des petits poèmes japonais de trois vers, c’est tout.
On n’y fait pas d’étalage, ni de bavardage, ni bien sûr de romantisme.
Ce sont de brèves suggestions qui ouvrent la porte au vent de l’esprit.
Ces trois vers brefs visent uniquement le ressenti capté du poète, en toute humilité, et s’écrit comme une note griffonnée ou comme un message envoyé qui devra être saisi et prolongé par le destinataire.
Voici un petit haïku français bien réussi :
Les sanglots longs
Des violons
De l’automne.
Les trois vers suivants, développés par Verlaine : bercent mon cœur /d’une langueur/monotone sont superflus pour un Haïkiste. C’est au lecteur de poursuivre mentalement le poème pas à l’écrivain.
C’est donc la forme la plus contractée de la poésie. Le mode oriental, ascétique, est sous l’influence du Bouddhisme. Il y a un souci constant de s’effacer devant une émotion ou plus un émerveillement.
Toutefois le haïku ne dédaigne ni trivialité, ni humour.
Je m’y suis collé sans grands succès. L’art est difficile.
Afin de donner de la « glisse » aux haïku, j’indiquerai entre parenthèses et en italique quelques mots permettant de connaître le contexte, d’aider à percer le mystère et de favoriser la méditation.
Je vous souhaite de bien profiter de ces brefs attendrissements (parfois) ou émotions (toujours), à vous de les accommoder et de les prolonger.
En retour n’hésitez pas à en faire, je serai ravi de les lire. Réussi pas réussi qu’importe : il faut s’y coller, c’est trop fun !
( pour plus d’explications je peux indiquer un bouquin sur ce genre de poème)
Quelques uns que j’ai recueilli :
Le cri du cormoran Le son du cor
Le soir le soir
Au dessus des jonques au fond des bois
On aurait presque pu en faire avec : L’odeur de la papaye verte, Du vent dans les branches de sassafras, La vie rêvée des anges.
Les miens :
(1) Au soleil couchant
La mer cuivrée saigne
Jusqu’à mes pieds.
(moments inoubliables d’un coucher de soleil à cannes)
(2) Le malheur
est venu de bonne heure
ce matin
(humour)
(3) Un jour
c’est vrai
je par-tiret
(humour facile sur le langage)
(4) Le lion mange
à sa fin
Gong
(un peu tiré par les cheveux)
(5) Les jambes de la dame
flageolent
Grelots.
( une vieille dame sort du dispensaire)
(6) La palourde baille
chaleur
ouverte
(un peu coquin, la palourde c’est la représentation du sexe féminin en japonais)
(7) Il parle, il parle, il parle
Silence de tête.
Même pas une mouche
(en réunion)
(8) Il dévide, il dévide en persiflant
sa langue.
Caméléon
(en réunion)
(9) l’écriture tue
silence
de la plume
(10) Je casse le silence
avec mes mains
clap
(concret)
(11) Le lac des cygnes
Un grand amour perdu
Soupirs de fêtes.
(en raccourci une histoire d’amour)
(12) La tour de Montléry
qu’on voit partout devant les cimes des nuages.
Le mont Fuji.
(aperçu journalier
La fin « Le mont Fuji » signifie : ce qu’il y a de plus beau. C’est le plus pénétrant de mes poèmes.)
(13) C’est l’heure où sortent
Les bonhommes de neige
Fizz…
(14) Chacun d’eux meurent
sur moi
suis-je ?
( de la compassion)
(15) Le metteur à l’aise
parle
s’en va.
(16) pèlerin de l’espoir
Baise la terre
Robe blanche maculée
(arrivée du Pape à Cuba)
(17) Repentance partout
les hommes parlent
cri du coucou.
(actualité)
(18)Les moutons se blottissent
Il ne fait pas froid
Grève.
(aperçu de l’intérieur d’un train un jour de grève)
(19) morsure de bise
yeux crispés
Général Hiver
(20) élagage
repousses rouge
hiver pimenté.
(les buissons en hiver)
(21) larmes brûlantes
gros chagrin
Le soleil se cache.
(22) pic vert à béret rouge
aspire des lombrics
et vol bref ondulé
(tentative de description d’un pic vert au jardin)
(23) l’église auréolée d’orange
la nuit
Mont Saint Michel.
(j’ai substitué au Mont fuji)
(24)Orange en forêt
Silence du bois
Un couple marche
déclaration de revenus.
(Un coucher de soleil alors que tout semble tranquille)
(25) splendeur dorée du forsythia
le bourdon titube
printemps
(arrivée du printemps)
(26) l’horizon infiniment plombé
la goutte perle
la vitre pleure
(27)l’éclat de rire
du croissant de lune
au printemps
(c’est l’inverse des sanglots longs…)
(28)Quel brouhaha
les oiseaux sont désaccordés
matin de printemps
(29)Chaque étoile cristalline
perce le firmament
toutes les nuits
(30) Enterrement des souvenirs
je boirai seul
quasiment heureux
(31) Coquelicot irisé
beauté du diable rouge
été ouaté.
Puis, pour finir, après l’hiver, le printemps, voici l’été :
(32) Lucifer
touille le charbon
été accablant
(33 les lentilles vertes
raniment l’eau noire
étang d’été.
(traduit directement du japonais : lé lan til vert
ra nim lo noir
étangdété)
(34) Massifs hortensias
sous crachin
Côte d’armor
(35) Les bons gros soleils
prient l’astre
toute la journée
(soleil et soleils)
Enfin il ne faut pas oublier que :
(36) la nuit
on bronze le plus
à la lueur du rêve d’herbert
l’été encore :
(37) les lucioles
phares des herbes sauvages
clignent ;
et pour finir :
(38) le silence
si long
que vibre le vide.
Et maintenant voici de véritables Haïku japonais :
Dans la jarre d’eau
Une fourmi
Sans ombre
Seishi
Brume et pluie
Fuji caché. Mais cependant je vais
Content
Bashô
La rivière d’été
Passée à gué, quel bonheur
Savates à la main
Buson
Le foulard de la fillette
Trop bas sur les yeux
Un charme fou
Buson
Tous les cris des marchands ambulants
Se sont tus
Midi. Les cigales.
Shiki
J’ai emprunté ma chaumière
Aux puces et aux moustiques
Et j’ai dormi
Issa
Je lève la tête
L’arbre que j’abats
Comme il est calme
Issekiro
Tout le monde dort
Rien entre
La lune et moi
Seifujo
Ça, ça
C’est tout ce que j’ai pu dire
Devant les fleurs du mont Yoshino
Teishitsu
Le carrelet
N’a pu pêcher
Le reflet des étoiles
Kinsha
Ecrit en japonais « neko ni kuwareshi o
Kôrogi no tsuma wa
Sudakuran
Traduction :
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par WIE
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