Mardi 24 mai 2005 2 24 /05 /2005 00:00

 

 

Une préface un ecrit un recit un bout de mon delire ! Pour quoi faire?

 

Un jour, on toqua à ma porte. Vu l'heure qu'il faisait, je me convainquis qu'il s'agissait d'un Témoin de Jéhovah, cette espèce en voie d'inanition intellectuelle. Je ne me pressai point d'aller répondre, une rôtie au beurre de pinotte dans une main et un café dans l'autre. C'était petit matin - potron-minet pour ne rien vous cacher. J'eus été en campagne que j'aurais entendu chanter le coq, c'est pour vous dire comme il était tôt, d'un tôt qualifié de matinal - et le mot est faible, mais on n'en connaît pas mieux.

J'ouvris - car c'est à cela qu'une porte fermée sert, à être ouverte. Il y avait devant moi, c'est-à-dire mes yeux qui s'ouvraient à peine à la nouvelle réalité quotidienne, un homme. Excusez la longueur de l'apostrophe. (C'est que j'écris n'importe quoi pour remplir l'espace dévolu, en principe, à un truc que je NE veux PAS écrire - cé plat, un ecrit de commande, si, cest du placotage savant et insipide, j'préfère quand le livre y commence dret là, niaiserie de préface , de posface, c’est qui le celui qui a inventé ça, à la fin??)

Cet homme m'a souri. C'eut été une jolie fille, j'aurais compris et je me serais senti avenant sur-le-champ, la pointe de mes pantoufles sur le seuil de la porte - comme il siet à quiconque sait recevoir, peu importe l'heure, et même la conjoncture des planètes (même à Big Sur !! - mais là, c'est trop de subtilité, qu'on me pardonne, c'est mon côté hippy qui  rote son érudition... ce qui en soi est contradictoire en pas pour rire!! merde! je me sens déphasé, ô secours, à l'aide, help et bouée de sauvetage).

Cet homme m'a dit, puisqu'il était là pour dire:

- Bonjour.

Ce qui était de circonstance. Aux étrangers, on dit « Bonjour » et on attend leur réponse. La mienne ne vint pas. Je dois vous dire: j'avais autant répondre « Bonjour » à un bonjour que je n'ai pas souhaité que d'avoir à écrire un recit à un livre pour lequel je ne détiens aucune responsabilité - ni de copyright (alors, je vous le demande, où est mon intérêt??).

Je me rendis compte que l'hombre attendait. Que je réponde à son bonjourement. Il était poli, pas moi. J'étais au sortir de mon lit. Nuance. Mais lui s'en foutait, à l'évidence. Ça rime. Ça va bien. Lâche pas la patate, mec!

En somme. Hé hé. Poupée. Non! C'était un n'homme. Je fis taire mon désir.

- Vous désirez? lui demandai-je, sans penser à mal, mais déjà inconséquent, mon côté femelle était mieux réveillé que ma partie mâle.

- Dieu m'a dit: C.TA.C me doit un ecrit. Est-ce vous?

- Euh... Si moi je suis Dieu??

- Non. Est-ce vous, C.TA.C?

- Euh... Euh... Oui! Ai-je bien répondu?

- Vous me devez une ecrit?

- Ah bon?

- Ah oui! Dieu l'a dit.

- De quoi il se mêle?

- Il a créé l'Univers.

- Grand bien lui fasse!

- C'est-à-dire TOUT!

- Ah... Tout?

- Mais tout. Tout à fait tout.

- Il n'a pas créé l’ecrit que vous êtes venu me quémander?

- ?? Tiens! non!

- Dieu aurait des limites?

- C'est ridicule!

- J'en conviens!

- Que faire?

- Non, non! Que NE PAS faire!

- ... J'écoute!

- Vous vouliez que je vous écrive un truc style recit ou autre ?

- C'est ce que Dieu me demanda de vous demander. Pardonnez-moi!

- Dieu aurait-il OUTREPASSÉ ses limites?

- Je m'interroge!

- Vous faites bien!

- Si Dieu a des limites, mais que sont les miennes?

- Diablement limitées!!!!

- J'en ai peur!

- Quand on a peur, que fait-on?

Mon visiteur a réfléchi à ma question bien intelligente - excusez-moi, elles me viennent tout naturellement, je ne fais pas exprès, je dois être né intelligent, tout bonnement, donc condamné à l'être, tout simplement. Mon visiteur matinal, poltron car de potron-minet (tout se tient, avouez), trouva une réponse qui était contraire à son sentiment , car il me répondit:

- Quand j'ai peur, je prends mes jambes à mon cou!

- C'est-à-dire?

- Je me sauve, le diable au cul!

L'expression « le diable au cul » me ramena, ce matin-là, quelques années en arrière. En fait, beaucoup d'années. Tellement d'années que je me sentis retourné dans une vie antérieure. En fait était-ce ma jeunesse. Merde! La jeunesse est-elle une vie ANTÉRIEURE à ma vie actuelle?

La question me boulversa. Me renversa. D'ailleurs, je tombai sur le cul - dont il était question à ce moment-là. Ce voyant, mon visiteur, ce Témoin, décida qu'il n'avait rien vu. Car si sa Bible avait réponse à tout, il était nulle part écrit une réponse à ce qu'il advint sous ses yeux, un quidam s'évanouissant pour une raison incongrue, donc inacceptable.

Ces Témoins-là n'ayant aucun sens de la responsabilité, ne sachant qu'obéir sans jamais prendre d'initiative, il m'abandonna à ma posture neantissime.

Quand je constatai qu'il était parti, curieusement, je retrouvai mes moyens et ma station debout - comparable à celle du singe, vous me direz, sauf que je savais être un singe debout, contrairement à mon cousin darwinien qui n'a de conscience que la banane qu'il digère, et encore, les enzymes ne le tiennent pas au courant de leurs travaux Â… !

Retournant m'asseoir à la table pour compléter mon déjeuner (que je n'avais pas commencé encore - toujours mon côté féminin qui m'inspirait... ah ah ah!), je me souvins que j'avais un Truc à écrire pour satisfaire un décideur qui croyait a certains ecrits, alors que je les avais en horreur. Que faire? me suis-je demandé en me rendant à la cuisine d'où j'étais parti quelques minutes plus tôt, avant que l’ Homme Temoin me ronronne à l'âme l'obligation d'être crédule car victime (contraire à décideur, quoi - mais vous l'aviez compris, n'est-ce pas?).

Je remplis mon bol de céréale en souriant en coin. Je n'allais pas écrire le machin demandé. Je serais rebelle! Cette jeunesse envolée, je la retrouvais tout à coup dans cet élan de révolte. Enfin, je savais dire NON!

Mieux, je hurlais NON!!!! et j'en étais bien heureux. J'osais et cela me convenait.

Il me restait à téléphoner à mon client et le lui dire dans mes mots, ce non-là...

J'ai senti que j'allais mal digérer mes céréales...

 

AUDE WIE/C.TA.C (avec un collectif )

Paint Dygitalbasphemy

Par WIE - Publié dans : aude-wie beaucoup de delire et de mots pour rire
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