RUE DES DÉSHABILLÉS
C?était rue des Déshabillés, au coin tourné
Sous la lanterne rouge d?une maison de chiens
Que tu as rencontré ce désir peint en roux
Qui t?attendait là, lune à demi nue de pluie.
Ce n?était qu?une simple fille de paille
Qui tapinait du c?ur tous les soirs de déroute
Qui nageait à l?envers dans un fleuve noyé
A filer sur de clous les bas de la misère.
Prête à donner tout à celui qui passait
Et la vie déclinée pour pas un sou de plus
Pour un peu de chaleur échangé main à main
Au maquillé à louer de son lit fatigué.
Ce passant ce fut toi, dandy vêtu de noir
Au désespoir fardé comme un camion volé
Soumis sans discuter à un destin pipé
Exilé consentant à un vain onanisme.
Dans ses pauvres dentelles soudain transfigurées
Vendue sans condition à l?amour sans retour
Admirant sans limite la force du vivant
Elle t?a aimé et sans faire de manière.
Toi, le perpétuel errant, tu as pu t?arrêter
A l?entre chien et loup de ses paupières bleues
Tu respirais enfin au cadran de sa chair
Le diapason parfait de tes blessures anciennes.
Elle s?est ouverte à toi en toute simplicité
Pour t?offrir de ses reins ce qu?elle avait de mieux.
Et ce fut le final. Toute jouissance bue,
Tu aurais pu dormir sur le clair de son dos.
Mais tu voulais lui dire qu?elle était la plus belle,
Qu?elle portait aux épaules les semelles du vent,
Que ses seins de tzigane t?avaient illuminé
Que l?angle de ses cuises était ton aventure.
Tes habits ont changé. Tu n?en reviendras plus.
Tu ressors maintenant sur le fond de la nuit
Et tu crois désormais aux vastes chiens d?écume
Qui tirent des bordées en riant du malheur.
Ce fut un histoire simple et singulière.
Et même si ce n?est pas vrai, il te faut croire,
Jeune homme qui ignorait le sens du venir,
Aux possibles vrais de tous les improbables.
F.d'Alayrac Présenté par Aude Wie
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