Pourquoi j?écris ?
Il faut être un peu dingue et un rien malheureux
Pour vider sa seringue sur la feuille, l?envieux?
Ecrire des conneries qui nous coûtent trop cher
Ce n?est que poésie, juste pour là vous plaire?
Ecrire c?est très bien c?est une terre happy
Mais ça flingue mon destin, l?encre c?est du dégueulis?
Je vomis tout le temps et j?ai un mal d?ancre
Me « fixer » dans ce port ce n?est pas redescendre?
Et oui je n?ais que ça, vingt six orphelines
Qui drivent l?émotion, qui se disent « copines »
Elles me draguent tout le temps et j?avoue que je « vrille »
Envahis à présent je prends le stylo-bille?
Elles me font souffre rire, des lettres, d?illusions?
Et chaque fois c?est pire, le poète est un con !
Y a de ça trois ans, que je t?ais rencontré
Poètes soi-disant, toi t?as dis : « éditez ! »
Je reste sous vos ordres et ne suis pas grand-chose
Un poète qui porte, l?ambiance via la prose
Mais j?aurais tant aimé, naître dans l?ordinaire
Etre un préposé, facteur ou infirmière ?
Et l?art devient cher, on paye à chaque « clic »
Des mots comme des larmes, ou l?encre poétique
J?assume tout ce drame et je reprends mon « bic »
L?avenir est en panne, peut-être pros éthique...........
paint Jim Warren
MARSEILLE
J'reviens demain ou jamais plus
Mon bel amour de l'Alcazar
Ma mort inconnue
J'ai d'avance perdu la mémoire
A trop laisser traîner mon coeur
Sur tant de trottoirs
Marseille, ville sans frontières
Cité des anges et des démons
Rêves de terre
Accrochés aux mailles d'un filet
Arrimés à tous les limons
De la misère
Et ce jour-là, comme tous les jours
Les écailles sanglantes des poissons
Laqués d'écume
Me rappellent un présent trop flou
A faire mourir mes dix-sept ans
Noyés de brume
Quelques billets, pour un paquet
Danger, pour un garçon maqué
Drôle de conte
Baiser très doux sur front baissé
De Charybde en Scylla, tombé le messager.
Et moi Marseille
Dans un bar du vieux port
Passe-passe confidentiel
Sans regret, sans remord
Tu vois, Marseille
Je jouais au voyou
Et la sueur au cou
Tu m'rendais coup pour coup
Le port, la rade et Notre-Dame
Gardienne de nos braves gens,
Et de leurs drames
Vague bonheur sous le soleil
Je veux une vie sans erreur
Pécheur sans âme
Marseille, je t'aimais mieux hier
Car aujourd'hui, tu te protèges
De trop de soleil
Sous une lamentable bannière
Griffée aux armes d'un destin
En peau de chagrin
Tête de mouton, thé à la menthe
Parfums amers, bouches aimantes
Et accueillantes
Comme j'aimais tes seins voilés
De pudeur, d'espoir maquillée
Toi, si vivante
Et rue Thubaneau, un hammam
Vapeur au bleu des mosaïques
Corps archaiques
Derrière un rideau emperlé
C'est le souvenir d'un ailleurs
A jamais parfait
Et moi Marseille
Dans un bar du vieux port
Passe-passe confidentiel
Sans regret, sans remord
Tu vois, Marseille
Je jouais au voyou
Et la sueur au cou
Tu m'rendais coup pour coup
Je t'ai quitté un soir de neige
Dans l'wagon d'un train oublié
Oui, je m'en allais
Là où le vent cach'rait ma douleur
Marseille, je t'aimais mieux hier
Je t'aimais mieux hier
Je t aimais mieux hier
Je t'aimais... Je t'aimais(Paroles de Jean Guidonni Presenté par Aude Wie/RAZA)
UN VIOLON DE PAPIER
Des cerises, des fleuves, des oiseaux me poussent à la gorge avec la pomme d?Adam. Il y a toute l?histoire du monde dans un seul poil de barbe, l?avenir dans un ?uf, une étoile qui meurt dans chaque grain de poussière. Je cogne à coups de mots sur un silence à mille oreilles. À vivre sans adresse j?aurai vieilli moins vite. On ne met pas en laisse le cheval des caresses. Quand un enfant déchire son violon de papier, j?en garde quelques notes au bout de mon crayon, avec les yeux morts des poupées qu?on trahit, les vieilles pommes blessées par l?orgueil d?un ver, les billes abandonnées pour des pièces de monnaie. Il n?y a plus personne qui partage le pain. On vend même ses larmes pour une heure de gloire.
Il n?y a plus personne qui veut être un nuage, un brin d?herbe, une pluie. Plus personne ne rêve d?être un fleuve, une vigne, un lézard. On roule en tombeaux de plus en plus rapides. Il n?y a plus de gares mais des trains pour nulle part. À défaut d?espérance je compte en chantant les poils de mon chat. Les oreilles pleines de fleurs, la langue pleine d?amour, je caresse du doigt la tête chauve des mots. Les deux chiens de mes yeux font japper leurs prunelles.
Je rêve simplement d?une ronde sans fin, d?une encre blanche de lumière, d?une gravitation d?êtres comme un retour de vague. J?ai appris à parler par les caresses d?une mère, les craquements des berçantes. Je m?accroche à la vie comme des concombres s?accrochent aux cailloux pour sortir du jardin. Je guette l?absolu derrière le bruit des portes, un froissement d?ailes, un souffle de chimère, mille animaux marchant vers l?étable du c?ur.
Quand je marche pieds nus mes pieds sont des oreilles. Ils écoutent la terre. Les soirs d?orage je laisse les farfadets dormir sur ma langue. La mer habille le squelette du sable avec la peau de l?eau, la peau de l?air et celle du soleil. La ligne d?horizon est une gare lointaine, une flèche de silex taillée en pointe, une glissoire sans fin pour les rêves d?enfant. Il m?arrive de parler en langue de fourmi, en pouce de bébé, en laine ou en galet. Il m?arrive de dormir en boule de neige ou en cuillère. Nos yeux se touchent dans les choses qu?ils voient. Les pains se parlent d?une bouche à l?autre. Le vide parfois sert de passerelle au plein.
Quand les mots retournent au silence, ils se cognent aux meubles et renversent les verres. Les bouts de phrase sont des gestes en suspens, des baisers qu?on retient. Les bouts de phrase cherchent la main qui manque. Ils poussent le regard au-delà de nous-mêmes. L?encre sur la page se répand dans la tête et pousse sur la vie. Ce n?est pas la distance qui sépare les hommes, c?est le centre qui manque. Je questionne la mort pour que la vie réponde.
L?enfant quand il dessine retient le soleil à deux mains pour ne pas qu?il s?efface. Il tient le cerf-volant pour ne pas qu?il s?envole. Quand j?écris je m?accroche à l?espoir. Je suis comme le trèfle cherchant la chance même en hiver, les petites feuilles frileuses faisant signe au soleil. Quand le soleil tombe, quand la lune se tait, quand les nuages boudent, quand le silence de le neige enlève son bâillon et les montagnes descendent, apportez vos gazous, vos timbales, un violon de papier, du hautbois, du basson, apportez vos couleurs et vos rebecs d?oiseaux, la musique parfois tient le décor debout.
Jean-Marc LaFrenière Presenté par Aude WIE
RUE DES DÉSHABILLÉS
C?était rue des Déshabillés, au coin tourné
Sous la lanterne rouge d?une maison de chiens
Que tu as rencontré ce désir peint en roux
Qui t?attendait là, lune à demi nue de pluie.
Ce n?était qu?une simple fille de paille
Qui tapinait du c?ur tous les soirs de déroute
Qui nageait à l?envers dans un fleuve noyé
A filer sur de clous les bas de la misère.
Prête à donner tout à celui qui passait
Et la vie déclinée pour pas un sou de plus
Pour un peu de chaleur échangé main à main
Au maquillé à louer de son lit fatigué.
Ce passant ce fut toi, dandy vêtu de noir
Au désespoir fardé comme un camion volé
Soumis sans discuter à un destin pipé
Exilé consentant à un vain onanisme.
Dans ses pauvres dentelles soudain transfigurées
Vendue sans condition à l?amour sans retour
Admirant sans limite la force du vivant
Elle t?a aimé et sans faire de manière.
Toi, le perpétuel errant, tu as pu t?arrêter
A l?entre chien et loup de ses paupières bleues
Tu respirais enfin au cadran de sa chair
Le diapason parfait de tes blessures anciennes.
Elle s?est ouverte à toi en toute simplicité
Pour t?offrir de ses reins ce qu?elle avait de mieux.
Et ce fut le final. Toute jouissance bue,
Tu aurais pu dormir sur le clair de son dos.
Mais tu voulais lui dire qu?elle était la plus belle,
Qu?elle portait aux épaules les semelles du vent,
Que ses seins de tzigane t?avaient illuminé
Que l?angle de ses cuises était ton aventure.
Tes habits ont changé. Tu n?en reviendras plus.
Tu ressors maintenant sur le fond de la nuit
Et tu crois désormais aux vastes chiens d?écume
Qui tirent des bordées en riant du malheur.
Ce fut un histoire simple et singulière.
Et même si ce n?est pas vrai, il te faut croire,
Jeune homme qui ignorait le sens du venir,
Aux possibles vrais de tous les improbables.
F.d'Alayrac Présenté par Aude Wie
Situations Bizares???: mais non! ......ça c'est de la Vache !
ci dessus :1 la baigneuse .....2: du producteur au consommateur(Digital Blasphemy Paint)









